Pouvoir social et politique du temps

Le pouvoir social et politique du temps. L’histoire des calendriers

Par Ludovic GADEAU

Pour citer ce texte :
Gadeau L. (2019).  Le pouvoir social et politique du temps. L’histoire des calendriers. https://ludovicgadeau-psychotherapie.com/le-pouvoir-social-et-politique-du-temps/
L’histoire des instruments de mesure du temps et celle des calendriers témoignent d’un enchevêtrement complexe de données empiriques, de projections de mythes, et de volonté de domination sociale. Un calendrier est un instrument construit dans un système social donné, de mesure du temps articulant des données empiriques facilitant un repérage temporel attesté par les phénomènes cosmiques (mouvement des planètes, cycle des saisons, etc.) et une trame événementielle construisant à partir d’un point d’origine (un événement fondateur par exemple) une histoire commune nourrissant une sorte d’ontologie groupale. En Chine impériale par exemple, le premier acte politique du nouvel empereur consistait à nommer une commission de réforme du calendrier pour organiser la datation des années en intégrant le nouveau cycle dynastique.

Le calendrier, médiateur entre temps cosmologique et temps vécu

Les observations et les mesures relatives au temps physique ne se font pas sans une recherche de mise en sens nécessaire à l’esprit humain ni sans instrumentaliser le temps à des fins propres. L’histoire des calendriers et des instruments de mesure du temps est bien à cet égard exemplaire, qui traduit l’enchevêtrement permanent de données empiriques et de projections de mythes, d’idées et de valeurs, de puissance imaginaire et d’instrument politique. Un calendrier est en effet un système social de mesure du temps bâti sur la récurrence de certains phénomènes cosmiques repérés par l’astronomie [1] , mais aussi sur la prise en compte de tel ou tel événement fondateur à partir duquel l’histoire est censée s’être mise en marche et avoir pris sens : la fondation de Rome (753 av. L’E.C..) pour le calendrier romain, la naissance du Christ dans la civilisation chrétienne, le début de l’ère de l’Hégire (ou fuite de Mahomet à Médine) dans la civilisation musulmane, la révolution française et son calendrier nouveau, etc. Le calendrier est, pour Dukheim [2] une objectivation de la représentation collective du temps. Le contrôle social et politique à travers la maîtrise du temps est assurément fondamental puisqu’on en trouve trace il y a près de cinq mil ans. En Égypte, au commencement de leur règne, les Pharaons pouvaient chercher à inaugurer une ère nouvelle en effaçant par exemple des monuments et archives les traces de leur prédécesseur, comme s’ils étaient les créateurs du temps lui-même [3] . Plus fortement encore, en Chine impériale, le premier acte politique du nouvel empereur consistait à établir une commission de réforme du calendrier en vue de dater les années selon le nouveau cycle dynastique [4] . On comprend combien le temps calendaire apparaît comme un temps médiateur qui  « cosmologise » le temps vécu et qui humanise le temps cosmique [5] . Le calendrier répond au besoin de mise en ordre de l’existence par le temps. Il construit un temps social en intégrant des composantes du temps cosmologique, et agissant sur la temporalité vécue. Il constitue une mesure du temps qu’il quantifie de façon concrète. Il impose aussi des rythmes et des cycles (saisonniers, ou entre activité et repos), définit des traditions que chacun est appelé à respecter pour appartenir à la communauté. Il établit donc des liens symboliques essentiels. Les calendriers sont construits sur la recherche d’une mesure de cycles naturels. L’astronomie a constitué la discipline princeps en la matière. Le système solaire fonctionne comme une horloge géante offrant des outils naturels de mesure, notamment par les cycles de rotation : de la terre sur elle-même, de la lune autour de la terre, de la terre autour du soleil. Mais ces cycles, lorsqu’on les met en rapport les uns avec les autres n’offrent pas de rapports mathématiques simples, bien au contraire, ils résistent à toute réduction sans reste. De là la nécessité de corriger plus ou moins régulièrement les calendriers par rapport aux mouvements des corps célestes. En occident, on doit sans doute les premières mesures du temps aux Égyptiens et aux crues cycliques du Nil. Les crues du Nil apportaient des terres alluvionnaires très riches de sorte que toute l’agriculture dépendait de ce phénomène naturel. La régularité des crues permettait une mesure de l’année solaire. Il y a près de 5000 ans, les prêtres calculaient la profondeur maximale du Nil lors d’une crue, et comptaient les jours jusqu’à la crue suivante. Ainsi, avaient-ils établi une première estimation de l’année à 360 jours, années divisées en 12 mois de 30 jours. Par la suite, les astronomes égyptiens notèrent que la crue du Nil se produisait au moment où Sirius, l’étoile du chien, apparaissait dans le ciel juste devant le soleil. En se servant de l’apparition Sirius comme point de départ du début de l’année, les astronomes avaient calculé que la durée de celle-ci était plus proche de 365 jours que de 360. Tous les calendriers organisent et segmentent le temps en jours, mois et années. Mais chaque groupe humain a sa façon de découper ces unités. Les premiers calendriers étaient basés sur les cycles lunaires. Ainsi en Égypte, en Mésopotamie, en Grèce, en Chine on a élaboré des calendriers lunaires qui comportaient 12 mois alternés de 29 et 30 jours permettant de suivre à peu près les lunaisons, lesquelles sont en fait de 29,53 jours. Lorsqu’un écart trop important se produisait au fil des ans, on corrigeait en ajoutant des jours à un des mois de l’année pour se recaler sur le temps solaire [6] . On comprend que le calendrier lunaire convenait aux populations nomades et aux marins, beaucoup moins aux peuples cultivateurs dont l’activité est proprement saisonnière. D’où le développement de calendriers lunisolaires, chez les Grecs puis les Hébreux. On prête à l’astronome grec Méton (Vème siècle avant L’E.C.) d’avoir constaté que 19 années solaires représentaient à peu près 235 mois lunaires. Ainsi 19 années lunaires comptant 228 mois, il fallait ajouter, en les répartissant sur la durée des 19 ans, 7 mois lunaires pour mettre en phase les deux calendriers lunaire et solaire. C’est ce que firent les Hébreux qui cherchaient à maintenir la fête de Pessah, célébrant la sortie d’Égypte, au début du printemps, moment de la fête des Azymes selon le texte biblique. Cela permis aussi plus tard aux exilés de la diaspora de célébrer les fêtes au même moment. La factualité de l’alternance régulière des jours et des nuits a probablement servi à constituer l’unité de base du temps ainsi que l’indiquent les tout premiers versets de la Genèse. Mais la division de la journée en sous-unités de 12 heures semble déconnectée des évidences empiriques et des cycles naturels. On la doit aux Babyloniens. Mais était-ce le résultat d’une mise en harmonie artificielle avec les 12 lunaisons qu’une année solaire contient ? Était-ce le résultat d’une facilité de calcul sachant que les Babyloniens comptaient en base sexagésimale (base 60, dont 12 est un divisible) ? On ne le sait très précisément. De même l’unité de temps constituée par la semaine apparaît artificielle. Là encore l’héritage babylonien semble déterminant, bien qu’il soit difficile d’en saisir le sens profond. L’incrémentation de 7 jours est liée au chiffre 7 et à ses multiples (14, 21, 28) qui étaient considérés comme néfastes, mais aussi à la connaissance astronomique de l’époque du système solaire, chaque jour étant associé à une des sept planètes identifiées à l’époque : lundi pour le jour de la Lune, mardi pour Mars, mercredi pour Mercure, jeudi pour Jupiter, vendredi pour Vénus, samedi pour Saturne et dimanche pour le Soleil. Les Hébreux sont probablement les premiers à avoir basé la vie sociale et spirituelle sur ce cycle hebdomadaire. Le texte de la Genèse en constitue la trame mythique réglementaire. Six jours pour créer le monde et toute chose et un jour mémoriel consacré au Créateur. Il n’est sans doute pas indifférent de souligner que la pratique de Shabbat se développe pendant l’exil de Babylone. L’absence spatiale de temple est « remplacée » par un temps consacré à Dieu. Ce qui semble perdu dans l’espace peut être recréé dans le temps. Le temps est là en substitution de l’espace.

Le temps calendaire, marqueur identitaire des différences religieuses et instrument de la puissance politique

Les trois religions monothéistes marquent politiquement leur histoire, mais aussi leurs différences à travers leur calendrier. Le calendrier hébraïque est un calendrier luni-solaire. Au 4ème siècle de l’ère chrétienne, les juifs adoptent le cycle de Méton, cycle basé sur le retour des mêmes phases de la lune tous les 19 ans. L’année compte 12 mois de 29 ou 30 jours, soit environ 11 jours de moins que l’année solaire : il convient donc de rajouter un mois de 30 jours tous les 3 ans. Ces années dites embolismiques sont au nombre de 7 par cycle de 19 ans (années 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19). La date de la Pâque juive avance tous les ans de 10 jours, puis recule de 30 jours les années embolismiques. L’année comprend donc 354 jours (année commune) ou 384 jours (année embolismique) ; mais elle peut être diminuée ou augmentée d’un jour, pour ne pas avoir un nombre fractionnaire de jours. Deux mois (Heshvan et Kislev) sont variables (29 ou 30 jours) : on parle alors d’année défective, régulière ou abondante. La semaine compte 7 jours et commence le dimanche. Le jour de repos, Shabbat, est le samedi. Le jour est divisé en 24 heures, et chaque heure en 1080 parties égales appelées scrupules, et chaque scrupule divisé en 76 instants. Les années se comptent à partir de la date présumée de la Création, correspondant au 7 octobre 3761 avant l’ère chrétienne. Les fêtes religieuses se célèbrent toujours à partir de la veille au soir. Rosch-Haschana, 1er jour de l’année, se fête le 1er Tishri, au début de l’automne. Kippour ou jour du Pardon commence 10 jours plus tard. La Pâque ou Pessah, qui rappelle la sortie d’Égypte, se célèbre le 14ème jour de la lunaison de Nisan, mois lunaire qui suit l’équinoxe de printemps, selon les règles de l’ancien calendrier. Shavuot se célèbre 50 jours après Pessah, et commémore le don de la Torah à Moïse sur le Sinaï. La religion chrétienne a cherché progressivement à se démarquer de son aînée, notamment à travers sa liturgie et son calendrier. Le choix du dimanche comme jour sacral en est un exemple. On peut en trouver un autre, celui de la querelle des quartodécimans, au sein même de l’Église primitive. Elle portait sur le jour de Pâques et opposait l’Église d’Éphèse et l’Église de Rome. L’Église d’Éphèse reconnaissait sa filiation à l’égard du monothéisme juif et l’assumait en toute connaissance de cause. L’Église de Rome, au contraire, voulait effacer toute filiation et consommer la rupture. Pâques ne pouvait être fêtée qu’un dimanche, jour de la résurrection du Sauveur. Pour l’Église d’occident, il était anormal de devoir recourir aux lumières du peuple déicide pour fixer la date de la grande fête. La Pâque, dans la tradition juive, a lieu le soir du quatorzième jour du premier mois Nissan, d’où le nom de quartodéciman. La Pâque quartodécimane tombe donc toujours à la pleine lune. Pour se démarquer du calendrier juif, les chrétiens d’occident ont établi un autre repérage, luni-solaire pour dater Pâques, les autres fêtes mobiles dépendant de sa détermination. La date de Pâques correspond au dimanche qui suit  pleine lune faisant suite à l’équinoxe de printemps. Le cycle lunaire étant de 29 jours, la date de Pâques peut donc varier du 22 mars au 25 avril. Une fois la date de Pâques déterminée, on fixe les quatre autres fêtes mobiles du calendrier : Cendres, Rameaux, Ascension et Pentecôte [7] ). La religion musulmane, à travers des différences calendaires apparemment minimes, marqua sa volonté de se constituer en communauté autonome et différenciée. Peu de temps avant sa mort, Mahomet introduisit des modifications substantielles dans le décompte du temps. Il récusa le calendrier lunisolaire pourtant utilisé traditionnellement par les tribus d’Arabie et prôna l’usage strict du calendrier solaire, sans mois intercalaires. Seule la lune devait fournir les repères nécessaires au calcul du temps. Dans le calendrier musulman, l’année est constituée de 12 lunaisons de 29 ou 30 jours. Une année « commune » compte 354 jours, ce qui produit un écart de 11,25 jours avec l’année solaire. Mais la lunaison musulmane est aussi plus courte de 44 minutes par rapport à la lunaison astronomique qui est de 29 j 12 h et 44 minutes. En 30 années correspondant au cycle lunaire musulman, le retard accumulé est de 11 jours. Le calendrier prévoit d’ajouter un jour à 11 années sur 30 qui sont dites « années abondantes » : les années 2, 5, 7, 10, 13, 16, 18, 21, 24, 26 et 29 du cycle. La semaine compte 7 jours et le jour de repos et de prière est le vendredi, démarcation essentielle par rapport aux deux autres religions du Livre. Mahomet aurait choisi ce jour en référence à la Genèse : le vendredi, 6ème jour, est celui de la création de l’homme. Le dimanche est le premier jour de la semaine. Les jours se comptent à partir du coucher du soleil, moment où l’on peut observer la nouvelle lune. Le jour est ainsi divisé en deux parties : de 18 heures à 6 heures du matin et de 6 heures du matin à 18 heures. L’ère de l’Hégire (mot arabe signifiant persécution) commence le vendredi 16 juillet 622 du calendrier grégorien et vient rappeler la fuite de Mahomet de La Mecque à Médine, à la suite des persécutions dont il fut l’objet.

Le temps calendaire, organisateur de la vie sociale et instrument de la puissance politique

On devine combien les calendriers ont non seulement une portée religieuse, mais aussi politique et sociale. C’est ainsi que César vers la fin de la république (46 avant l’ère chrétienne), entreprit de réformer le temps dans l’Empire romain. Le premier calendrier romain que la légende attribue à Romulus comportait 10 mois. Il servait également de point de démarrage au comput du temps. Les années romaines étaient comptées ab urbe condita, c’est-à-dire depuis la fondation de Rome (AUC). L’année commençait en mars (en référence au dieu de la guerre), puis aprilis (aprilis mensis, mois d’Aphrodite, déesse de l’amour), puis Maia (déesse de la fertilité), Junon (reine des dieux). Les quatre derniers mois étaient simplement numérotés : septem (septième mois), octo, novem et decem. Aux alentours de 700 av. L’E.C., le roi Numa Pompilius organisa le calendrier pour qu’il comporte 12 mois en ajoutant deux mois à la fin de l’année, Januarius et februarius. La réforme du calendrier par Jules César devait asseoir l’autorité du dictateur et permettre d’évaluer le temps de la même façon sur tous les territoires conquis de l’empire. Le choix fut fait d’un calendrier solaire. L’année solaire étant d’environ 365 jours un quart, il fut décidé d’établir un cycle de quatre ans, avec trois années de 365 jours et une année de 366 jours, en doublant le sixième jour précédant les calendes de mars. Ce double six (bis sextus) est étymologiquement à l’origine de ces années dites bissextiles. L’année débutait en janvier et non en mars, peu après le solstice d’hiver calculé au 25 décembre. Il reste de ces modifications substantielles quelques traces vestigielles puisque les mois de septem,  octo, novem et decem ne correspondent plus aux septième, huitième, neuvième et dixième mois de l’année. Ce calendrier julien fonctionna cependant pendant 16 siècles, jusqu’en 1582. Grâce notamment à l’empereur Constantin converti au christianisme, ce courant religieux s’est approprié au quatrième siècle le calendrier julien pour y intégrer ses propres fêtes religieuses. Des exigences autant politiques que religieuses nécessitaient de se démarquer du calendrier juif. Aussi, s’ils conservèrent le découpage du temps en séquence de sept jours, en consacrant un jour du cycle à Dieu, les Romains choisirent le dimanche, jour de la résurrection de Jésus. De même, la date de Pâques suscita des controverses considérables. Dans la tradition évangélique, Jésus serait mort le jour de la Pâque juive, ce qui correspond dans le calendrier hébraïque au jour de la pleine lune qui suit le début du printemps. Les chrétiens cherchèrent à fixer une date de Pâques qui ne dépende pas du calendrier juif tout en restant située au début du printemps. En 325, lors du concile de Nicée, il fut décrété que la fête de Pâques correspondrait au dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe de printemps. Ainsi de solaire, le calendrier julien intégrait une part de lunaire dans le calcul des fêtes mobiles pascales. L’église chrétienne, comme toutes les institutions qui cherchent à asseoir leur pouvoir, est parvenue à affirmer son emprise en partie grâce au contrôle du temps, à sa scansion par des fêtes rituelles. Le jour du Seigneur, de la messe obligatoire pour tous célébrée par les prêtres, le dimanche permit à l’église de contrôler régulièrement le temps économique et social (Le Goff, 1999). Par exemple, la tradition voulait que le jour de l’épiphanie les prêtres annonçassent aux fidèles la date de Pâques, manifestant ainsi le pouvoir de l’Eglise sur le calendrier. Progressivement, cette emprise s’est accrue par l’apparition des saints liturgiques dans le calendrier. Les dates de commémoration des saints étaient situées dans le calendrier à des moments à haute valeur symbolique : par exemple, la Saint-Michel (ange triomphant de Satan, chargé de la pesée des âmes) se fête le 29 septembre. Cette date choisie par Charlemagne, constitue un temps fort du calendrier puisqu’elle mêle valeur religieuse (honorer Saint-Michel, le messager des morts) et valeur économique (date du paiement des redevances seigneuriales). Cette appropriation du calendrier julien a conduit à la création à la fin du 13ème siècle de ce qu’on appelait les livres d’heures. Il s’agissait de calendriers qui permettaient de se repérer dans le temps sacré. Les jours n’y étaient pas numérotés, mais identifiés par une fête liturgique ou celle d’un saint. Mais cet effort pour s’approprier le calendrier n’a pas conduit à une unification facile. Au Moyen Âge, sur tous les territoires où régnait la chrétienté, l’usage maintenait une diversité des calendriers : les saints étaient fêtés à des dates différentes selon les territoires. De même, l’année ne débutait pas au même moment partout : au 1er janvier en certains lieux, à la nativité (25 décembre) en d’autres (à Soissons entre autres), à l’annonciation (à Reims par exemple), ou encore à Pâques ailleurs. Ainsi, l’année commençait le 1er septembre à Byzance, le 21 mars en Russie. Il faudra attendre 1564, pour que Charles IX fixe le début de l’année au 1er janvier pour tout le royaume de France. Mais les réticences liées à l’attachement des provinces à leur particularisme calendaire retardèrent de trois ans l’application de cet édit. Le calendrier julien comportait une difficulté qui ne pouvait qu’augmenter avec le temps. En effet le calcul de l’année étant évalué à 365,25 jours contenait une approximation de près de 11 minutes en trop par rapport à l’année tropique. Le cumul d’année en année c’était transformé en un écart de 10 jours en 1582. L’équinoxe de printemps arrivait le 11 mars au lieu du 21, ce qui avait un effet sur la date de célébration des fêtes de Pâques. Le pape Grégoire XIII décida contre l’avis de certains de ses conseillers de supprimer en une seule fois 10 jours de l’année et de sauter du jeudi 4 octobre au vendredi 15 octobre. Pour éviter désormais ces cumuls de près de 11 minutes tous les ans [8] , les astronomes et mathématiciens proposèrent un procédé très simple : il n’y aurait d’années bissextiles que celles dont le nombre serait un multiple de quatre sauf les années du siècle qui ne sont pas des multiples de quatre cents. La solution imposée par le pape Grégoire XIII provoqua une forte résistance et même des émeutes, puisqu’en supprimant 10 jours le nouveau calendrier générait des difficultés dans la perception des redevances (loyers, taxes), il supprimait aussi la fête de certains saints. L’adoption du calendrier grégorien si elle est aujourd’hui générale et si elle se fit dans l’année en Italie, en Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas et en France [9] ne se réalisa que lentement notamment dans d’autres pays : en 1584 en Prusse et en Suisse, en 1586 en Pologne malgré une révolte à Riga, en 1587 en Hongrie. L’Empire britannique ne l’adopta qu’en 1752. L’obligation de passer du mercredi 2 septembre au jeudi 14 septembre 1752 provoqua des émeutes, et même des morts lors d’une manifestation dans la ville de Bristol. Dans les pays ou les régions à culture protestante, la réforme du calendrier était ressentie comme une emprise de l’État catholique, et la résistance à son adoption plus politique que rationnelle : « les protestants aiment mieux être en désaccord avec le soleil que d’accord avec le pape » écrivit Kepler. La Chine ne l’adopte qu’en 1912 (mais conserve aussi son calendrier traditionnel, lunisolaire [10] ) et l’ex U.R.S.S. en 1923, si bien que la Révolution russe de 1917, qui a conservé le nom de Révolution d’octobre, se commémorait en novembre. Les églises orthodoxes orientales ont renoncé au calendrier julien en 1923. La Turquie l’a fait en 1924. Le Japon avait quant à lui adopté le grégorien dès 1873. La répugnance fut vive même dans les pays catholiques à sacrifier 10 jours. Le vécu de rupture de la continuité du temps que le calendrier a participé à construire montre combien le temps touche au cœur du fonctionnement psychique.

Les fonctions politiques, psychologiques et sociales du calendrier. L’exemple du calendrier révolutionnaire

Les fonctions politiques, psychologies et sociales du calendrier vont évoluer lentement. Du 14ème au 16ème siècle, le calendrier aidait à situer le présent, à dater le temps dans sa référence au passé, et ne concernait que les personnes les plus érudites. Cet usage du calendrier participait à faire l’histoire. On trouve ainsi à partir de 1550, en Allemagne des calendriers historiques, datant et décrivant des évènements qu’on souhaite valoriser, sortes d’annales à destination d’un public cultivé. Le calendrier servait la puissance et le pouvoir. En France, à partir de 1679, l’Académie des sciences produira chaque année un calendrier officiel qui sera reproduit dans la plupart des almanachs. C’est aussi la raison pour laquelle la période révolutionnaire a voulu, de 1793 à 1805, rompre avec le calendrier grégorien, et recomposer le temps, le maitriser à partir de références nouvelles. Reconfigurer totalement le temps, c’était à la fois rompre avec l’ancien régime, offrir une nouvelle origine et une nouvelle vision du monde et ainsi rendre irréversible le changement, enfin rationaliser le système de mesure sur une base décimale. Dès le début de la Révolution française, l’habitude fut prise de désigner l’année 1789 comme « l’an I de la Liberté ». Dans sa séance du 22 septembre 1792, jour de l’équinoxe d’automne, la Convention nationale décréta que ce jour ouvre « l’an I de la République » et que tous les actes officiels devraient être datés à compter de cette année un. Le 5 octobre 1793, la Convention adopta le principe d’un nouveau calendrier, et une commission fut désignée pour en concevoir la concrétisation et les applications. Cette commission réaffirma le commencement de l’an I au 22 septembre 1792 et fixa cette date comme début de l’année. Cette date est intéressante parce qu’elle cherche à mettre en concordance un fait astronomique et un fait politique pour en augmenter la légitimité et sa portée universaliste. La Convention nationale a en effet aboli la royauté le 21 septembre 1792. Mais c’est le 22 qui est choisi pour commencer le calendrier parce qu’il correspond à l’équinoxe d’automne. Voici comment le décret n°1838 du 24 novembre 1793 énonce les choses : « le 22 septembre, ce décret [abolissant la royauté] fut proclamé dans Paris ; ce jour fut décrété le 1er jour de la république et ce même jour, à 9 heures, 18 minutes, 30 secondes du matin le soleil arriva à l’équinoxe vrai d’automne, en entrant dans le signe de la balance. L’égalité des jours aux nuits était marquée dans le ciel, au moment même où l’égalité civile et morale était proclamée par les représentants du peuple français, comme le fondement sacré de son nouveau gouvernement. Ainsi le soleil a éclairé à la fois les deux pôles et successivement le globe entier, le même jour où, pour la première fois, a brillé dans toute sa pureté, sur la nation française, le flambeau de la liberté, qui doit un jour éclairer tout le genre humain » p 9. La commission définit la nomenclature du nouveau calendrier, divisant l’année en 12 mois (découpés en décades [11] ) de 30 jours, auxquels il faudrait ajouter 5 jours épagomènes en fin de chaque année, les sanculotides, et 6 tous les 4 ans [12] , année spéciale appelée franciade. Fabre d’Églantine souhaitait faire du calendrier « le livre du peuple ». Il était chargé, aidé de l’écrivain Marie-Joseph Chénier et du peintre Jacques-Louis David, de donner un nom aux jours et aux mois. L’idée retenue avait peut-être été inspirée par l’Almanach des honnêtes gens (1788), qui valut à son auteur Sylvain Maréchal quelque mois de prison pour avoir remplacé les noms des saints par ceux de savants. Là c’était la vie agricole qui était mise à l’honneur : l’automne avec  vendémiaire, brumaire, frimaire ; l’hiver avec nivôse, pluviôse, ventôse ; le printemps avec  germinal, floréal, prairial ; enfin l’été avec messidor, thermidor, fructidor. De cette façon, on substituait aux fêtes des saints, les noms des « vrais trésors de l’économie rurale » pour sacraliser « un temps où un laboureur est plus estimé que tous les rois de la terre et l’agriculture comptée comme le premier des arts de la vie civile ». Le projet fut définitivement adopté le 4 frimaire de l’an II (le 24 novembre 1793). Comme plus tard les tentatives infructueuses faites pour adopter un calendrier universel, le calendrier révolutionnaire s’est heurté à une opposition considérable parce qu’il n’est jamais parvenu à pénétrer l’imaginaire collectif. Il est resté étranger et exogène à la société. Il fut donc abandonné progressivement. La restauration du calendrier grégorien fut officialisée par sénatus-consulte du 22 fructidor de l’an XIII (9 septembre 1805) et établie au 1er janvier 1806 qui ainsi succède au 10 nivôse de l’an XIV. Le calendrier républicain aura « vécu » un peu plus de 13 ans, (13 ans 2 mois et 27 jours pour être précis). En France, l’histoire et la diffusion du calendrier sont fortement liées à l’administration de la Poste. L’Almanach de la Poste de Paris imprimé en 1762 peut être considéré comme l’ancêtre du calendrier contemporain distribué par les facteurs postaux. Dès 1850, certains calendriers régionaux des postes adoptèrent le format actuel et la répartition des six mois de chaque côté d’un support cartonné. Leur diffusion était facilitée par le maillage postal du territoire. Au 19ème siècle, le calendrier se fit agenda et almanach. Il se démocratisa puisqu’il était à la portée de tous ceux qui savaient lire. Son usage et sa diffusion suivirent les progrès et la diffusion des horloges et des montres.

Les almanachs

Le mot almanach, vient de l’arabe al manah « calendrier », et est présent dans le lexique latin médiéval. Au 14ème siècle, le terme almenach était utilisé pour désigner un calendrier comportant différentes indications d’ordre astronomique et météorologique. Avec l’apparition de l’imprimerie, l’almanach a connu un succès considérable : c’était la forme de publication populaire par excellence. Environ 3600 titres parurent entre 1600 et 1900. Au 16ème siècle, l’expression « faire des almanachs » signifie faire des prédictions ou « pronostications ». À partir du 17ème siècle, le calendrier commença à servir l’organisation du futur, à établir des prévisions, à planifier les actions. Dès le 18ème siècle, dans les almanachs, l’astrologie était une composante essentielle de la représentation du futur. En indiquant la position de la lune et du soleil dans le zodiaque, les almanachs proposaient des prédictions relatives au climat, à la santé ou aux activités à produire. L’almanach était publié annuellement et se présentait sous forme d’ouvrage de petit format, qui contenait essentiellement le calendrier de l’année, situé en début ou en fin de volume, une compilation d’informations en tout genre, qui variaient selon le contexte historique et le public visé. Ainsi, l’almanach pouvait s’agrémenter d’illustrations, de poésies, de dictons ou de bons mots [13] , mais aussi de précieux renseignements d’ordre administratif, statistique, médical, culinaire, mais surtout agricole [14] . À une époque où la majorité de la population était paysanne ce volume annuel était une sorte de bible pour le cultivateur puisqu’il renfermait des informations jugées indispensables à l’exercice de l’activité : calendrier, lunaisons, saisons, prévisions météorologiques, notions de chimie et de physique horticoles, conseils de bouturages, nouveautés en matière de plantations, d’amélioration des récoltes ou même de stockage, mais aussi des informations élémentaires d’hygiène et de  prophylaxie, pour les enfants et pour le bétail. Adressé à d’autres publics, l’almanach contenait parfois l’annuaire de tel ou tel groupe professionnel. Certains almanachs pouvaient être à vocation plus satirique, polémique ou politique et servaient de tribune ou de relai à des idées novatrices [15] .

Le calendrier parfait n’existe pas

Le calendrier grégorien ne saurait être considéré aujourd’hui comme d’un usage à peu près universel, bien qu’il soit adopté par une grande partie de l’humanité. On sait l’attachement des musulmans et les juifs à leur propre calendrier [16] . Le calendrier grégorien comporte en outre des défauts avec lesquels il faut composer [17] . Des calendriers ont été proposés pour remédier à ces difficultés. Le calendrier fixe proposé en 1849 par Auguste Comte comportait 13 mois égaux de 28 jours suivis d’« un jour blanc ». Chaque mois avait 4 semaines et tous les mois étaient identiques. Le mois supplémentaire devait s’intercaler entre juin et juillet. Le « jour blanc » situé en fin d’année ne faisait partie d’aucune semaine et était férié. Il en était de même du jour bissextil, placé le 29 juin tous les quatre ans. Ce calendrier était très simple puisque tous les mois étaient identiques. Mais on lui fit de nombreuses objections : tous les mois actuels étaient altérés avec disparition de dates anniversaires difficilement supportables pour les contemporains. Le nombre 13 posait des problèmes liés aux croyances (superstition), mais aussi au calcul puisqu’il est un nombre premier, d’où des difficultés pour décomposer l’année en trimestre et en semestre, par exemple. Dans le calendrier universel, autre alternative au calendrier grégorien, l’année comporte 364 jours (plus un jour blanc non compté), 12 mois et 52 semaines. Le jour blanc, férié et non daté, se place à la fin de décembre. Il est ajouté après le samedi 30 décembre, est suivi du dimanche 1er janvier. Le jour bissextil est placé à la fin de juin. Le calendrier est perpétuel : chaque date correspond à un jour de la semaine bien déterminé. Les mois de janvier, avril, juillet et octobre ont 31 jours, commencent un dimanche et se terminent un mardi. Les mois de février, mai, août et novembre ont 30 jours, commencent un mercredi et se terminent un jeudi. Les mois de mars, juin, septembre et décembre ont 30 jours, commencent un vendredi et se terminent un samedi. Les trimestres ont tous 91 jours et commencent par un dimanche, un mercredi ou un vendredi. Aucun de ces calendriers rationnels n’a cependant pu s’imposer, sans doute parce que l’attachement à l’écoulement du temps vécu à travers un calendrier commun participe de notre identité. Même le calendrier grégorien n’a pas su s’imposer partout dans le monde occidental. Actuellement encore, quelques Églises orthodoxes, au mont Athos, en Russie, à Jérusalem par exemple, restent fidèles au calendrier julien, en décalage aujourd’hui de 13 jours par rapport au calendrier grégorien. Progressivement, les courants protestants, en supprimant du calendrier le culte des saints, les périodes de jeûnes, les messes dominicales obligatoires, participèrent involontairement à une sécularisation du temps.

Le temps universel

Le développement de l’industrialisation et du commerce conduit à une harmonisation du temps à un niveau mondial. La plupart des pays ont adopté comme référence commune le calendrier grégorien au début du 20ème siècle, on l’a vu plus haut. Mais pour faciliter les échanges et la communication, il aura fallu aussi harmoniser le calcul de l’heure pour permettre une synchronisation précise des activités, mais aussi des systèmes de communication. Ce fut fait en 1884, en établissant une référence spatiale de base horaire au méridien passant à Greenwich et un découpage du globe terrestre en 24 fuseaux horaires de 15 méridiens séparés de 1 degré chacun. À l’intérieur de chaque fuseau, l’heure est la même. Le passage d’un fuseau à un autre incrémente l’heure d’une unité (en plus si on va à l’est et en moins si on va à l’ouest). La ligne de changement de date s’établit au 180ème degré du méridien de Greenwich. Ainsi le globe terrestre est-il découpé en deux zones, chaque méridien d’une zone ayant son symétrique (son antiméridien) dans l’autre zone et étant caractérisé par la même heure (établie en 12ème), mais une date différente (un jour en plus ou en moins). En 1911, le concert des nations établit un temps universel, l’heure GMT (Greenwich Mean Time) calé sur le méridien de Greenwich.  Le calcul des durées s’affine permettant une définition de la seconde de plus en plus précise. La seconde est en 1875 définie comme la 1/86400ème partie du jour solaire moyen par le bureau international des poids et mesures. Mais cette définition se montre rapidement insuffisamment précise d’autant qu’on s’aperçoit que la rotation de la Terre n’est pas régulière. Il faut donc d’autres références, plus stables et précises. En 1956 la seconde est définie comme la 1/31556925,9747ème de l’année tropique. En 1967, on établit une nouvelle référence, atomique et non plus astronomique. Elle est calculée en référence à l’oscillation atomique du césium 133. La seconde est ainsi définie comme un multiple de la période de l’onde émise par de césium 133 lorsqu’un de ses électrons change de niveau d’énergie. La précision des horloges atomiques est environ 100 000 fois supérieure à celle des procédés astronomiques.

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Notes

  • [1]↑– Les données empiriques recueillies produisent des représentations de même type, c’est ainsi que les astronomes de la Haute Égypte et ceux de la civilisation Maya ont mis au point, chacun de leur côté, un calendrier d’environ 365 jours.
  • [2]↑– Dukheim E. (1912). Les formes élémentaires de la vie religieuse. Paris : Alcan.
  • [3]↑– Drai R. (1979). La politique de l’inconscient, Paris : Payot, p. 91.
  • [4]↑– Chesneaux J. (1996). Habiter le temps. Paris : Editions Bayard, p. 95.
  • [5]↑– Ricoeur P. (1983) Temps et récit. Paris : Édition du Seuil, p. 197
  • [6]↑– Dans le calendrier musulman, il n’y a pas de rattrapage. Les années lunaires s’inscrivent dans des cycles de 30 ans, composés de 19 années de 354 jours et 11 ans de 355 jours. Comme l’année musulmane compte 11 ou 12 jours de moins que l’année solaire, les mois reculent chaque année par rapport aux saisons. La correspondance entre le calendrier musulman et le calendrier grégorien (solaire) se produit tous les 34 ans.
  • [7]↑– L’Annonciation (25 mars), l’Assomption (15 août), la Toussaint (1er novembre) et évidemment Noël sont des fêtes fixes.
  • [8]↑– Le calendrier grégorien introduit encore une variation par rapport à l’année astronomique, mais de faible ampleur, de l’ordre de 0,0003 jour/an, c’est-à-dire une différence d’un jour en un peu plus de 3000 ans.
  • [9]↑– En France, une ordonnance royale fait succéder le mardi 20 décembre au lundi 10 décembre 1582.
  • [10]↑– L’année est composée de 12 mois solaires et de mois supplémentaires ajoutés selon le cycle de Méton.  Depuis une réforme calendaire datant de 104 av. J.-C., le début de l’année chinoise se fête le jour de la deuxième nouvelle lune suivant le solstice d’hiver, celui-ci devant se trouver toujours dans le 11ème mois de l’année.
  • [11]↑– Chaque décade est nommée : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, decadi (formés à partir du mot latin dies). Le décret du 4 frimaire an II divisera le jour en 10 heures de 100 « minutes décimales » et la minute en 100 « secondes décimales », mais cette décimalisation du temps ne sera pas vraiment appliquée, et la disposition sera abrogée par la loi du 18 germinal de l’an III.
  • [1]2↑– Ce jour supplémentaire est appelé « jour de la Révolution ».
  • [13]↑– Cf. l’Almanach Vermot, fondé en 1886.
  • [14]↑– C’est le cas du Messager boiteux dont la première édition date de 1708. Cet almanach est d’autant plus remarquable qu’il est encore édité de nos jours ! Ces informations, en français, couvrent essentiellement la Suisse romande, le Jura géographique et la Vallée d’Aoste.
  • [15]↑– Comme L’Almanach du Père Peinard, journal anarchiste, fondé en 1889 et qui parut jusqu’en 1902, ou encore  L’Almanach royaliste, publication de propagande monarchique légitimiste, éditée en 1873.
  • [16]↑– L’an 2000 de l’ère chrétienne correspond à l’an 6713 de la période julienne, l’an 5760-5761 du calendrier hébreu, l’an 1420-1421 du calendrier musulman.
  • [17]↑– Le nombre de jours du mois variant de 28 à 31 et le nombre de jours de travail oscillant entre 24 et 27, les statistiques mensuelles par exemple relatives aux activités ne sont pas comparables entre elles. Le jour de la semaine relatif à une date donnée varie perpétuellement de sorte que tous les jours de la semaine défilent d’année en année à cette date, d’où sept éventualités, augmentées par les années bissextiles. Il est donc malaisé de trouver le jour qui correspond à une date donnée de l’année. De même les positions des fêtes fixes (Noël, 14 juillet, 15 août, Toussaint, etc.) peuvent modifier le nombre de jours ouvrés suivant qu’elles coïncident avec un dimanche (pas de repos supplémentaire) ou un jour de semaine. Par ailleurs, la plupart des fêtes religieuses rattachées à Pâques sont mobiles, nécessitant la gestion des « ponts » des fêtes civiles et religieuses (en France par exemple, le 1er mai et l’Ascension). des fêtes civiles et religieuses (en France par exemple, le 1er mai et l’Ascension).
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